Camilla Läckberg

Salut à tous ! Aujourd’hui, c’est polar time ! (une petite touche d’anglais s’il vous plaît, parce que la globalisation nous rend tous kikoo)

Niet, cette série policière n’a pas été écrite par une auteur anglaise, mais suédoise ! (Ôh, une écrivaine venant du nord dans ce genre littéraire, comment sommes-nous étonnés !)

Venons en au fait, les bouquins de Camilla Läckberg me tiennent particulièrement à cœur, parce qu’ils sont absolutely exceptionnels ! I know, I know, l’argument n’est pas constructif,  la liste des points positifs arrive, but first, let’s take a selfie ! (Lol, faisons d'abord un petit synopsis)
 

Synopsis :


Je ne vais pas vous détailler chaque bouquin, parce que jusqu’à nos jours, il y en a neuf . Mais en gros du gros, on suit à travers la série deux personnages principaux : Patrick Hedström, policier assidu à l’instinct inébranlable et Erica Falck sa compagne, écrivaine dont la curiosité affûtée l’incite bien souvent à farfouiller dans les affaires de la police.

Outre les deux tourtereaux, on chemine derrière les membres du commissariat de Tanumshede, entre différentes familles, amis, et voisins (évidemment, il y a TOUJOURS une histoire avec les voisins). Tous ces personnages forment la petite communauté de Fjällbacka qu'on est ravi de retrouver à chaque fois qu'on attaque la première page. Ils se développent, on s’attache. Ils gagnent en profondeur, on fond de bonheur.

Bien évidemment, nul n’est besoin de lire la série entière et dans l’ordre, puisque chaque livre traite d’un autre meurtre et d’une intrigue intimement différente, mais la lire dans sa continuité offre une perspective plus large et plus enrichissante.

Le pourquoi du comment j’apprécie Camilla Läckberg

Le style


Je ne le répèterai jamais assez, mais le style est exceptionnel. 
Bien-sûr, ce point-là reste assez personnel. Chacun apprécie plus ou moins la plume d’un auteur plutôt que celle d’un autre, mais elle sort tout de même du lot, surtout de nos jours.

Dans le sens où, la mode actuelle, qui correspond à une écriture simple, familiale, sans froufrou, perd une certaine dimension quant à son style. Attention, je ne suis pas en train de bannir les romans actuels et de déplorer leur plume trop simpliste. Au contraire, ces livres  s’inscrivent dans la tendance actuelle, tendent vers la modernité et ne sont que l’évolution naturelle des siècles précédents. Moi-même, je prends grand plaisir à les lire. L’omniprésence de la première personne et l’emploi du présent apporte une agréable fraîcheur et corrobore l’illusion d’assister à la scène en direct.

Cependant, j’ai remarqué que le style perdait en particularisme. Alors qu’autrefois, on pouvait reconnaître l’auteur à sa plume caractéristique, de nos jours elle se similarise (heu le néologisme de fou) de par son dépouillement et sa frugalité.  Bien-sûr, tous les auteurs contemporains n’entrent pas dans cette catégorie ! On retrouve des qui mélangent le naturel et la limpidité des mots pour former une écriture bien singulière.

Bref bref, tout ça pour dire qu’à chaque fois que j’ouvre un livre de Camilla Läckberg, je m’extasie devant sa plume et sa capacité à faire passer des émotions.

D’entre tous les livres que j’ai lus (et je peux vous dire que j’en ai lu un certain paquet), c’est le style qui m’a le plus marqué et qui se trouve dans le top 1 de tous les styles possibles et inimaginables.

Comme dit précédemment, cela reste cependant assez subjectif. Ne soyez pas déçus si vous n’appréciez pas autant que mes louanges laissent entendre.

Ne nous attardons pas outre mesure et passons au prochain point : les personnages.

La psychologie des personnages


Certes, on éprouve de l’affection pour Patrick, Erica et  les habitants de la ville de Fjällbacka. On s’attache autant à leurs qualités qu’à leurs défauts, mais ceux qui nous touchent le plus sont ceux qui d’une manière ou d’une autre (assassin potentiel ou famille) ont un lien avec le ou les meurtres sur lequel/lesquels se concentre l’intrigue. Le meurtrier n’est jamais le "Méchant" parce qu’il est méchant de nature. Il n’y a pas de séparation claire et nette entre les "Gentils" et les "Méchants". Chaque personnage a sa part d’ombre et de lumière. Ses actions sont fondées.

 Dans certains bouquins, l’écrivain fait en sorte que le lecteur aime tel personnage et qu’il en déteste un autre. Malheureusement, on le ressent parfois comme un doigt inquisiteur:
« Aime ce personnages ou ferme mon livre »
 L’un est toujours plus beau que l'autre, physiquement autant que psychologiquement. On ne perçoit pas ce besoin avec Camilla Läckberg.
 Les personnages sont exposés tels quels et le lecteur en fait ce qu’il veut. J’ai eu apprécié de véritables salauds comme détesté des véritables anges. Le fait est que le personnage est exposé selon son point de vue propre et à partir de là, ses actions ne sont pas volontairement bonnes ou mauvaises. Il agit pour son propre bien-être. Et c’est ce qui le rapproche de la réalité. Dans la vraie vie, jamais personne ne s’étiquète comme étant la bonne ou mauvaise personne et agit en conséquence.
A chaque fois, on retrouve une psychologie de personnages très profonde, fondée, réaliste, qui nous fait comprendre le mobile du crime. On ne peut pas en vouloir au meurtrier.

A nouveau, Camilla Läckberg se démarque avec ce point-là. Alors que d’autres forment les fameux "Méchants" et "Gentils", Läckberg met sur papier une réalité intime et approfondie.
Si elle parvient à cet exploit, c’est également grâce à sa construction particulière.

La construction

Elle n’est pas la première à le faire. Elle entremêle le présent avec le passé.
Avant chaque nouveau chapitre, on retrouve une narration antérieure à celle de Patrick s’arrachant les cheveux à ne pas démasquer le tueur. Très souvent, l’histoire de l'assassin-même. 
Presque à chaque fois, on remonte plusieurs générations en arrière pour découvrir l’ascendance et le passé du meurtrier ainsi que le pourquoi du comment qui le pousse au point de non-retour, soit l’acte fatal.
Peut-être parce que je suis une fille, peut-être parce que je suis sensible, j’ai toujours été très touchée par ces histoires. Introspectives, saisissantes, bouleversantes, elles apportent une profondeur poignante aux tréfonds du livre.
Outre cet aspect-là, l’intrigue est exceptionnellement bien conduite. Donnant les infos au bon moment, guidant le lecteur à travers un chemin sinueux, il ira de révélations en révélations et de tombages de fesses sur tombages de fesses (décidément les néologismes aujourd’hui).
L’intensité toujours bien menée ! Le suspense garanti ! (#jefaisdelapub)

Conclusion

Les polars de Camilla Läckberg  auront toujours une place particulière dans ma bibliothèque. Parce qu’ils sont mon baptême de ce genre, parce qu’ils font preuve d’un grand réalisme et d’une sensibilité incisive, parce que la psychologie des personnages est incroyable et que j’ai vibré avec eux.
Mon préféré de tous : Le gardien de phare. Véritable chef d’œuvre. Je m'y suis sentie vivante.
Et pour votre plaisir, deux citations sensationnelles tirées du livre Le tailleur de pierre:
« Sans un mot, elle se précipita dehors et claqua la porte derrière elle. L’air froid lui piqua la gorge quand elle respira, de longues inspirations profondes, mais au bout d’un moment elle sentit son pouls se calmer. Elle regarda par une des fenêtres. Morgan s’était retourné. Ses mains volaient sur le clavier. Elle plaqua son visage et contempla sa nuque. Elle aurait pu hurler tellement elle l’aimait. »
« Puis il se précipita dehors sous la pluie. Une goutte salée trouva son chemin dans sa bouche et le goût du sel fit surgir une image de sa fille, flottant dans une mer grise, avec une écume blanche moussant à la surface autour de sa tête. Il se mit à courir plus vite encore. Les yeux noyés de larmes que la pluie rendait invisibles, il prit la fuite. Et c’était avant tout lui-même qu’il fuyait. »
Camilla Läckberg, Le tailleur de pierre.


 
 
 
 

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